Pédale rurale, le joli docu d’une fierté des champs
Apolline Bazin
26 mars 2026
4 min.

Pendant 5 ans, le réalisateur Antoine Vazquez a filmé la vie Benoît, habitant homo du Périgord vert. Il en tire le récit tendre d’une éclosion personnelle et collective. On vous conseille vivement d’aller voir ce film lumineux, sorti le 4 mars en salle.
L’adage dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais pour la rédaction de Problematik, la sortie du film Pédale rurale a bien annoncé le retour des beaux jours, et même dégagé un peu l’horizon.
Le début du film est marqué par la solitude du personnage et son lien avec la nature. On commence par rencontrer un jeune homme, pas très à l’aise avec le terme « queer », revenu vivre à Saint-Paul, là où il a grandit. Être un ado queer dans la campagne des années 90, ce n’était pas de la tarte, et pourtant Benoît s’y construit un domaine-cocon. Cette première partie du récit, quoiqu’un peu longue, fait la part belle aux traces de la queerness dans cet environnement rural : une paire de talons très hauts abandonnés dans le jardin, l’éclat d’une grande jupe dorée au soleil, le stylisme très cunt d’un épouvantail… Avec l’attention portée à ces petits détails, Antoine Vazquez expose la touche de flamboyance, presque magique, qu’on trouve souvent chez ceux qui portent le terme « pédale » en étendard de fierté.
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Puis Benoît subit une agression homophobe au bar associatif du village, et cet événement malheureux semble donner naissance à un collectif… Antoine Vazquez a en réalité provoqué le destin en étant à l’initiative de la première réunion autour de l’idée d’une Pride rurale. Les habitant·es LGBT du coin s’y rencontrent pour la première fois, échangent les souvenirs, ému·es de se découvrir. Assez vite, le groupe est fédéré par le désir de célébrer leur queerness là où iels vivent. Ce n’est pas une mince affaire de convaincre la municipalité du bien fondé de cette Pride rurale, comme le montre une scène d’anthologie. Il est d’autant plus jouissif de voir Benoît et ses ami·es parader ensuite.
Le film témoigne à sa hauteur d’un moment particulier des militances LGBTQ+ car il n’y a jamais eu autant de Marches des Fiertés partout en France. Pédale rurale montre à la fois combien il reste à défricher pour être libre en campagne et la beauté particulière de ce qui s’y épanouit.
Pédale rurale d’Antoine Vazquez, 1h24
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